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Entretien avec Richard Azandossessi, SG SNATB: «Il y a eu de sérieuses avancées...»

Publié par Benn M.

Précédemment annoncée pour démarrer ce jour, mercredi 07 février 2018, la grève du Collectif des syndicats du trésor public n’aura pas lieu. Dans un entretien accordé à votre site hier, seulement quelques heures après la suspension de la motion de 48h à l’issue de l’Assemblée générale, le Secrétaire général du Syndicat national des agents de la trésorerie du Bénin (SNATB), Richard Azandossessi a expliqué les raisons qui ont motivé cette nouvelle donne qui a surpris plus d’un. Saisissant l’occasion, il a invité les autorités à anticiper sur les crises dans l’intérêt supérieur de la Nation.

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Pourquoi avez-vous décidé de suspendre votre motion de grève de 48h?

Richard Azandossessi: Nous avons suspendu la motion mais elle n’a pas été levée. Tel que la structure syndicale est organisée chez nous, l’Assemblée générale est au-dessus des Bureaux directeurs. Donc, l’Intersyndicale a convoqué une Assemblée générale d’abord pour parler des problèmes de la maison. L’AG a décidé qu’on dépose une motion de grève parce qu’on a estimé que le dialogue a été interrompu, que l’autorité n’écoute plus. Nous avons dû envoyer une motion de grève. Mais déjà le jeudi soir, nous avons été reçus par le Directeur général qui a marqué son ouverture pour le dialogue. Ça a été entériné par l’appel du Ministre le vendredi matin. Nous avons passé en revue tous les points. Il y a eu de sérieuses avancées.

Quelles sont alors ces avancées ?

Par rapport à la sécurisation des postes comptables, le Ministre nous a fait le point de toutes les diligences qui ont été faites vers l’Etat major du Ministère de la défense nationale. Les autres points, nous avons constitué des équipes dans lesquelles l’Intersyndicale est représentée. Le point concernant le statut des comptables publics, le recrutement de 200 agents pour le Trésor, l’organisation des concours professionnels, la mauvaise gestion du personnel, etc. Des engagements ont été pris, des promesses ont été faites. Et le lundi, nous sommes nous-mêmes déplacés pour aller à l’Etat-major général pour constater l’effectivité des démarches. Déjà ce soir, les militaires ont commencé par être redéployés vers ces postes-là. En réalité, nous avons près de 80 ou 85 postes sur le territoire national. Il y a en tout et pour tout 12 postes qui ne sont pas gardés. Des efforts ont commencé par être fait et parmi ces 12 postes, on a commencé par envoyer des forces de l’ordre d’ici ce soir. Ils ont commencé par prendre leur quartier au niveau de nos guérites. Djidja vient de m’appeler pour m’informer que les militaires sont arrivés. Nous avons fait le point de nos démarches lors d’une AG qu’on a tenu ce matin. L’Assemblée a estimé qu’on pouvait suspendre la motion et attendre que les différentes équipes qui ont été mises en place donnent le fruit de leurs travaux. Attendre voir si tous les postes seraient gardés. Et si les promesses  ne sont pas tenues, comme on l’a dit dans la motion de suspension, le personnel du trésor qui est resté mobilisé ne tardera pas à renouer avec les mouvements de protestation. Et là, on ne sait pas quand est-ce que ça pourra finir. Aujourd’hui, nous avons prêté flanc à la bonne foi du Ministre des finances. On attend de voir ce qui va se passer les jours à venir.

Avez-vous un appel à l’endroit des autorités?

Nous sommes au Ministère et plus précisément au Trésor public. Si la grève tenait par exemple, on est en période de paiement des pensions. Ça aurait créé beaucoup de dommages aux personnes du troisième âge. Il ne faudrait plus attendre que la situation dégénère avant de commencer par courir pour éteindre le feu. Je pense que gouverner, c’est prévoir. Il faut anticiper sur certaines choses. Quand je prends la garde des postes, est-ce que le syndicat a besoin de crier pour qu’on puisse garder quelque part où on a mis les deniers publics? Vous jetez un coup d’œil dans notre maison, il n’y a que des stagiaires. Le nombre de stagiaires dépasse le nombre d’agents de l’Etat. Nous manipulons des logiciels à haut risque ici. Donc on est obligé de confier ça à des stagiaires avec tous les risques. Est-ce qu’on a besoin de mettre la pression sur le gouvernement pour recruter des agents alors que l’objectif est de réduire le taux de chômage. On relève des gens sans dire pourquoi on les a relevés. Nous avons estimé que le Président Talon qui a dit qu’il n’y aura pas de politisation de l’administration, ces collaborateurs relèvent des gens sans motif. On estime que la politique a investi certaines décisions concernant les relèvements. C’est pour ça qu’on a estimé qu’il faut nous clarifier. Si quelqu’un a fauté, qu’on nous dise que la personne a fauté, on enlève et le syndicat ne va rien dire. Mais on enlève la personne, elle est en l’air. Je ne sais pas ce que ça peut donner. Nous sommes là pour rétablir la justice sociale chaque fois qu’il y aura de l’injustice. Nous allons toujours monter au créneau pour dénoncer.

Richard Azandossessi: Secrétaire Général SNATB

Propos recueillis par Benn MICHODIGNI